Conseil métier

Recruter et organiser les saisonniers d'une campagne oléicole

05/10/2026

Une huilerie tunisienne fonctionne l'essentiel de l'année avec une

équipe réduite, puis double ou triple ses effectifs pour la campagne.

Ce basculement se prépare rarement autant qu'il le mériterait : on

recrute dans l'urgence, on forme sur le tas, et on découvre en

décembre que le poste le plus critique est tenu par la personne la

moins expérimentée.

Les postes qui ne supportent pas l'improvisation

Tous les postes ne se valent pas. Trois d'entre eux ont un effet

immédiat sur la qualité et sur la relation client.

Le peseur. C'est lui qui produit le chiffre sur lequel tout

repose : le poids net. Une erreur systématique de sa part se propage

dans le rendement, dans le paiement du producteur et dans la

comptabilité. C'est aussi le premier visage de l'huilerie pour

l'apporteur.

Le responsable de chaîne. Un malaxage trop long ou une

température mal tenue coûtent en qualité d'huile ce qu'aucune

négociation commerciale ne rattrapera.

Celui qui oriente au quai. Mal orienter une remorque, c'est

créer une file, mélanger des lots, ou faire attendre un client

pendant qu'une chaîne tourne à vide.

Former en deux heures, pas en deux jours

Personne ne peut consacrer deux jours de formation à un saisonnier

embauché la veille de l'ouverture. Mais deux heures bien employées

suffisent souvent, à condition de les concentrer sur ce qui se répare

mal :

  • la séquence exacte d'une pesée, du premier au dernier geste ;
  • la différence entre une réception en achat et une réception en

façonnage, et pourquoi elle ne se rattrape pas après ;

  • ce qu'il faut faire quand quelque chose ne colle pas — appeler,

pas improviser ;

  • les consignes de sécurité autour des machines et des bassins.

Le reste s'apprend en travaillant.

Tenir la présence au jour le jour

Le suivi de présence est l'autre sujet qui se règle mal après coup.

Un cahier de pointage recopié en fin de semaine produit

invariablement des contestations, surtout quand une partie de

l'équipe travaille de nuit ou passe d'un site à l'autre.

Trois règles simples réduisent ces litiges : noter la présence là où

elle se constate et le jour même ; distinguer dès la saisie les

heures normales, supplémentaires et de nuit ; rattacher chaque

journée au site où elle a réellement été travaillée, y compris pour

un ouvrier prêté.

Cette dernière règle a un effet inattendu : elle donne enfin un coût

de main-d'œuvre juste par site, donc un coût de trituration

comparable d'un site à l'autre.

Ce qui fait revenir une bonne équipe

Une partie des saisonniers revient chaque année — ce sont

généralement les plus efficaces, puisqu'ils n'ont plus rien à

apprendre. Les huileries qui les gardent ont souvent les mêmes

pratiques : paiement régulier et à date annoncée, décompte des heures

transparent, conditions de travail correctes, et un mot avant la

campagne suivante plutôt qu'un appel la veille de l'ouverture.

Rien de tout cela ne coûte cher. Recruter et reformer une équipe

entière chaque année, si.

Dans Oleaflo, la présence se saisit par jour, par poste et par site,

en distinguant les heures normales, supplémentaires et de nuit ; les

éléments variables de paie en découlent sans ressaisie.

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